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Maman a un amant, un livre au service de la femme

Éditée par Albin Michel en 1993, le grand prix littéraire d’Afrique noire 1994 ( Maman a un amant ) de Calixthe Beyala nous offre un registre familier teinté de note d’humour dans un style linguistique qui met en ligne l’identification de la mère qui subit et souffre en silence. 

Pourquoi l’infidèle de la femme est-t’elle extrêmement réprimée tandis que celle de l’homme  passe inaperçu telle une lettre à la poste ? Via la phrase de consolation « C’est l’homme norh… ils sont tous ainsi, d’ailleurs l’homme le plus fidèle à 3 femmes. »

Maman a un amant nous raconte comment Loukoum a vécu la trahison de sa mère, et comment son père l’a aussi vécue. La belle tribu nègre s’en est aussi mêlée. Les africains prennent à cœur les problèmes de leurs compatriotes surtout quand il s’agit de l’infidélité d’une femme. La femme n’est bonne qu’a la cuisine, ou encore climatisé le lit conjugale. Nous vous proposons d’ailleurs cet extrait : « On m’appelle Loukoum et j’ai maintenant douze ans. Depuis le petit prince de Belleville, beaucoup de chose ont changé. J’ai une nouvelle maitresse, je parle beaucoup mieux le français, je suis plus que jamais amoureux de Lolita, mais ma vie n’est pas tous les jours facile. Surtout quand maman décide de prendre un amant, un blanc par-dessus le marché, et qu’elle se met à vouloir apprendre à écrire et lire. La liberté des femmes, c’est de la mauvaise graine. Elle pousse n’importe où, même entre les cuisses. C’est mon papa qui le dit et quand tout Belleville a appris la nouvelle, il n’a pas été le seul à le penser. Les nègres en sont restés la langue dehors, les yeux sortis de la tête, mais je vais tout vous raconter… »

Ce récit évoque l’image et le rôle de la femme dans la société africaine. Une société toujours prête à accuser la femme de tous les maux. Elle qui soustrait les fautes des hommes et multiple celle des femmes.

Dans cet ouvrage de Maman a un aman, Mammaryam est cette femme qui éduque les enfants de son époux. Elle va se rebeller à sa façon, et va chercher ailleurs l’amour que lui refuse son homme dans le bras d’Étienne. Un amour illégitime qui invite à une poésie passionnante. « J’ai rencontré un homme, mon amour, un amour de saison tardive de fraise et de cerise puis de confiture soigneusement préparées pour l’hiver. Dieu merci, cette rencontre chasse l’angoisse passé, le sourire se repend sur mes lèvres cela me tient chaud, la douceur d’aimer remonte… ». 

Via la symbolique de son roman l’auteur dénonce les préjugés gratuits de la société. Par la suite, cette dernière invite les parents à plus d’attention sur l’impact des conflits de couple sur les enfants.

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